Un voyage sentimental est avant tout sentimental.
Il faut souffler l'Ordre des Chants, tendre l'oreille, pour tout faire disparaître, trouver la chaîne symphonique qui ouvre la plus grande porte.
La Rome sentimentale.
Elle a ouvert son peignoir sur un voyage sentimental. Partir parce qu'elle le veut. Partir puisque là-bas, elle est la fille de la Villa. Elle a ouvert son peignoir, j'ai dit oui du sauvage.
Vers l'Ordre des Merveilles.
Elle est sur cette photographie.
Elle est la seule photographie.
Un aller-retour dans l'Ordre des Merveilles.
La rigueur ricochet des chandelles, le prétexte délicat de l'histoire, ma main qui cherche encore la sienne. D'où je suis, les crèmes du soir s'étendent sur la ville, d'où l'on est, à plat ventre sur le ciel, sur le parquet de la villa.
J'ai dit oui du sauvage, la peur du départ, une groseille pressée à quai contre le diaphragme, toujours vers l'intérieur puis je suis entré dans le train, dans le compartiment, j'ai mis le pied sur la rainure, piégé les cinq rails d'une portée, la première ligne mélodique, la ficelle tirée du trajet. Du train à la chambre, on souffle à la lueur du cristal la basse harmonique de l'entrée.
Le hasard de la chambre.
La fille de la Villa.
Elle éclate le ballon des surfaces. On voit si rarement le monde depuis les bleus d'une femme. La fille de la Villa.
L'aimer changeante de dos dans les gestes sinueux du voyage , parce que tout est dit, parce qu'une baie de basiliques, parce que j'ai dit oui des merveilles.
Je suis parti sans carte, sans la fleur bleue d'appareil. Il faut passer la queue sale du Tibre pour acheter une fleur. A Rome, les fleurs bleues sont jetables, pas leur parfum.
Je l'ai suivie, les deux bras en avant du noir, soumis au tintement régulier des intervalles obscurs. Chaque lame de la passerelle est une note sous son pas.
Le deuxième jour.
Article 663 : Il est interdit d'afficher. Vous le lirez sur tous les murs.
Trouver le rythme dans le rythme de cette phrase :
Nice-Rome Roma Rome-Nice Amor
Je cherche le cinquième jour dans le rythme de cette phrase, dans l'Ordre des Passerelles.
Il faut l'écrire toujours le réécrire et tout voir disparaître. Le rythme de son pas. Papillon.
Le train de nos locomotions via le marchand de l'Etoile, le ciel de la Passerelle. Suivre la fille de la Villa.
Ce serait retracer dans la crème du réel les fuseaux horaires du voyage sentimental.
J'ai dit oui pour ne plus avoir à parler. Mais vous le lirez de l'autre côté.
Elle entre devant moi, à pas de louve, allongée sur l'horizon, sur le parquet du ciel.
Elle aime les chiffres. Passe dans l'Ordre des Nombres. Elle aime le 21. Mais vous le lirez de l'autre côté. Il faut lui dire 21, doucement, en chuchotant, contre son aile oui 21.
Je l'ai gravé pour elle sur la plaque d'une rue. Largo 21 aprile. On s'interroge sur le hasard. Elle me dira comme cela, pour parler comme une ombre, que cela n'engage à rien, qu'on ne passe pas si facilement de l'ordre au désordre, qu'on passe trop facilement d'un Ordre à l'autre.
Que l'Ordre des Passerelles.
Je me suis juré de ne pas la déclencher.
Elle est sur cette photographie.
Elle est la seule photographie.
La fille de la Villa.
J'ai été poussé au crime en ce qu'il n'y a pas de volonté qui libère le zénith. (Où que l'on soit, on est toujours sous le ciel.) Tourner pour mieux monter, c'est la logique baroque.
Le troisième jour semblable à l'oubli des autres jours.
Cette nuit-là comme son palais en palatin, la blanche vapeur allongée de la nuit couche l'obscène dans l'inouï, préfigure la gardienne de la ville. Et les rochers qui s'élèvent en prêchant figurent l'emblème que le plaisir n'est pas une fin tant que l'on n'a pas dit – ou écrit pour qui craint les lèvres – la fin de quoi…la première nuit.
Il faut bien avancer derrière elle.
0892, une porte, 706 A, une autre porte, 21, …
La photographie, l'Ordre de la Face Cachée.
Et de quelle fin je regardais la face cachée du crucifix c'est-à-dire le dos monosépale et granuleux soufflé des nébuleuses, le bras jeté d'un harmattan, d'une pelle, l'ombre décalquée froissée sur le mur, cette chevelure masquée, la nappe plongeante d'une table d'oracle.
Elle est sur cette photographie.
Elle est la seule photographie.
Plus loin, bien plus loin, les doigts posés sur le grain de l'image, comme d'autres nuits sur les statues brisées, retraçant la trajectoire, j'écrase la profondeur du jour comme les teintes du matin exténuées par une vapeur tremblante crachent les cendres vers l'extérieur, inscrivent l'étrange dartre du ça a été sur la passerelle.
Je suis sorti la nuit, à l'heure des yeux serrés, gratter son ombre sur le mur.
Elle est sur
Elle est la seule
Il me faudra lui dire plus loin, bien plus loin pour ne pas qu'elle m'entende, pour que les mots qui s'effacent, ne sachant où aller, choisissent pour se défendre les traces d'une morsure bénigne dans la feuille du silence.
Les lignes de ma main prolongent la fracture du ciel.
Elle est sur
Elle
Mes regards giclaient en bas sur elle dans l'éther de l'illégalité mais les rayons attendris d'une gloire argentine l'encerclaient comme pour poser les lames du sacrifice. On cherche un corps tragique comme on croule sous des siècles de terres de pluies de marbres d'ivoires.
Elle est
Elle
Sur le bureau, un divan recouvert de cahiers inondés, de bandes versicolores tendues lors d'un passage précédent, ses cahiers intimes qu'elle a froissées à bout de bras le poing serré devant mon visage de mi-carême, comme elle ferait d'une photographie à nuages noirs, très noirs, ou à nuages blancs.
Il faut souffler l'Ordre des Chants pour tout faire disparaître.
L'image dans mes mains. Un passereau argenté raye la feuille au miroir. Le magicien remet son chapeau.
Et pourtant, ma main posée sur la main des statues, je m'étais promis de ne pas la déclencher. Mais pour comprendre le geste, il faudrait parler du voyage retour. Je me suis dit tremblé-déçu de l'aimer moins là-bas, piégé par la résine des jours, dans une ville sans passerelle. Alors pour tout dire, j'ai déclenché sur la passerelle.
Elle est belle la fille de la Villa.
L'amour au nadir de ces quelques jours renvoie inversement aux mares sans tain.
Article 663 : Divieto…
La Rome sérielle.
Je me promène seul dans le jardin de la villa.
Les statues endormies dans leur couche joliment disposées en un jeu d'allumettes.
La révolte n'est profonde que le temps de la confusion, de la honte, et n'est-ce pas cela que l'on vient chercher dans les yeux troués des statues, lorsque l'on y appose tout d'abord ses doigts, presque érotiquement, le contact plus certain d'une presque-peau, puis que l'on sent les saccages antérieurs, les ongles fiers enfoncés dans le plâtre parce qu'il faut bien marquer son passage, parce qu'il faut bien signifier quelque chose, puis un peu plus loin, les doigts qui vident le trou des yeux comme le désir aveugle de toucher le marbre de ce qui n'est déjà plus, le pouce appuyé sur le nez déjà limé, parce qu'on n'est jamais les seuls ou les premiers à caresser les secrets des statues.
Une petite mort c'est-à-dire un pan tiré d'éternité volontaire piégé dans le geste avorté d'une statue.
La fille de la villa n'aime pas les statues.
Le premier jour.
La main baguée du palatin, bus 23. Les fiançailles de la princesse. La fille de la Villa.
Il n'y a pas de fin mais vous le lirez de l'autre côté.
Il n'y a de fin que L'Ordre de la Chambre.
Il était net que j'avais pataugé gaiement comme un enfant après l'école, après la pluie, après naufrage dans la chambre de la fille de la Villa. Il n'est pas étonnant que je ne dorme plus. Il n'est pas étonnant que je dorme plus d'une fois les yeux renversés dans l'ambre caché. Elle dort pour moi la fille de la Villa.
Il faut être deux pour tout redoubler.
Je laisse l'ordre de l'autre côté. Il suffit d'un piano, d'un après-midi de faune pour souffler sur la carte de Rome le nouvel Ordre des Chants. On trace les plus belles lignes à main levée.
Le troisième jour. Presque SPQR dans le quatrième.
Et l'on a aimé mais vous le lirez de l'autre côté. Tout est en ordre que l'Ordre de la Passerelle.
Je tourne la nouvelle fleur sur mon ventre.
Et pourtant je m'étais promis de ne pas la déclencher.
Elle est sur cette photographie.
Elle est la seule photographie.
La fille de la Villa.
On peut toujours écarter de ses doigts les lignes blanches et silencieuses, il n'y a que des lignes blanches et silencieuses. On peut toujours se souvenir. Se souvenir est la seule fugue. Je prends l'Ordre de la Face Cachée.
Une seule photographie. A la nage, la chevelure liquide, je cherche encore entre les lames de la passerelle, oubliées du point de fuite qui descend de tiers en tiers comme l'insigne d'une autre Etoile, de l' Herbe Sainte . Le troisième ange chanta.
Le jardin est un carré magique. Le quatrième jour.
Un déjeuner sur l'herbe du soir écume la lumière rose des bains de minuit. Je chante pour la fille de la villa. Le périphérique, au loin, joue de la mandoline.
Du jardin, je vois à la fenêtre fermée que c'est elle, l'oiseau jaune, qui laisse jaunir les mages du hasard que c'est elle, l'oiseau de nuit, qui dort comme on danse - un danseur paresseux - que c'est le poing de sa témérité qui froisse sans y penser vraiment les draps de sueur et de clarté comme la ligne tendue du hautbois au-dessus de la crème, la passerelle d'entre les Ordres.
Elle me voit à la fenêtre ouverte.
De nouveau l'Ordre des Chants.
Je tiens le loup par les oreilles.
Le jardin sera mon seul refuge, la feuille d'acanthe des langes sans souvenirs.
Je me jette dans le puits du premier jour.
Et puis, il y eut le deuxième jour.
Tout le voyage désormais induit par la face cachée du crucifix. Et je reviens sur l'heure des pendules, à l'heure de cette photographie éteinte-brillante dans le phosphore firmamentaire de la nuit romaine.
Elle est née un 21.
Je suis né un 23.
Le hasard de la chambre 22. Quand j'entends objectif , je sors ma fleur d'appareil.
A Rome, il n'y a jamais de nuit pour tout compromettre. La ville est trop près du ciel. Vous le lirez de l'autre côté.
Elle est sur cette photographie.
Elle est la seule photographie.
La fille de la villa.
Je marche derrière elle sur la passerelle. La lampe chargée d'un harmattan. Quelques pas derrière elle en un simple rituel. Prêt à tout suspendre. Qu'il suffit en fait d'une seule seconde. Que la fleur bleue tournée-ouverte. Oblique. Qu'une seule seconde peut tout désenchanter. Que tout devient fractal lorsqu'on a déclenché.
J'ai déclenché sur la passerelle. Elle n'en a rien su.
Mais vous le lirez de l'autre côté.
Il n'y a pas de photographie.
Il n'y a que cette photographie.
Art.663 : Il est interdit d'afficher la fille de la Villa.
Que l'Ordre de la Passerelle.
Nice-Rome Roma Rome-Nice Amor.
Une histoire d'amour est avant tout une histoire.
*****
Je n'avais pas emporté de jolie robe, rien pour couronner ma nuit.
Le soir devant ma porte aucun baiser, tu baladais ta main sur le mur en t'en allant. Je me suis couchée doucement, sans réveiller maman. A la fenêtre, c'était trop tard pour te voir, te rattraper.
Pour un flirt avec toi .
J'ai dû garder mon angoisse, ma douce euphorie, jusqu'au lundi pour moi seule, sous mon manteau.
Il a fallu décider, se jeter à l'eau, prendre des risques. Qu'il se passe quelque chose. Que je propose, tu disposeras.
Ma maison romaine, ma maison d'avant. Quand j'en avais une, je pouvais j'aurais pu, inviter des inconnus dans mes draps. Mon invitation anachronique. Rattraper remonter le temps.
Poker la question du lundi matin.
Mon baiser maladroit du jeudi soir.
Viens chez moi il n'y a plus de chez moi, un hôtel où l'on passe et qui laisse des traces mais les nôtres seront effacées. Les autochtones ne savent pas, font mine de respecter. Viens chez moi effacer les traces d'un autre sur mes draps de sable.
Parle-moi pour que j'oublie ma maison.
Cette bâtisse hagiographique qui n'avait abrité que l'échec.
Embrasse-moi, que ma tête tourne.
Au château j'ai fini d'errer, je suis à l'hôtel.
Je suis malhonnête : on ne refuse pas cette proposition.
Je suis une vieille dame indigne, je ne sais pas m'offrir.
Je veux toujours donner quelque chose en plus de moi.
Je ne suis pas un cadeau. Rome une contrepartie.
Tu ne peux pas dire non.
LES RUINES A L'OMBRE, Roma Amor à l'envers sur le cendrier.
J'ai souri quatre jours sans souci.
J'ai décidé qu'il était adulte de mentir et jouir d'un même élan.
Je me suis, avec aplomb, déclarée adulte.
Le contraste outrancier de la première fois, la dernière. Avec quelle détermination j'ai déconstruit mon château, j'ai flétri mes principes et fomenté des illusions nouvelles et bonnes, fraîches. Comme je m'y suis vautrée.
La première fois, dans la chambre.
Ersilia n'a pas de robe pour mourir ni moi pour l'enlever je pense comme une fille enlève sa robe mais de robe, point. Il faudrait être belle pourtant, maintenant ou jamais.
Trois jours à tisser ma petite robe de légèreté, une fine mousseline à s'envoler.
Claquer des doigts et retourner à ce point de l'histoire où j'oubliais les frontières, miracle, où je souriais je respirais si profondément je m'évadais des pierres blanches et la ville s'envolait.
Faire claquer mes doigts c'est facile, des étincelles, compartiment pour deux, rideaux tirés, mot à mot la mer défile, le trajet familier me retourne. J'aimais notre illégitimité. Je traçais les contours d'un inconnu dangereux jamais croisé, poursuivi. « J'aurais pu t'étrangler ».
Claquer des doigts, rejoindre la chambre.
Cette nuit où j'ai le mieux dormi.
Ma fête inépuisée ne se rétracte pas.
De ces voûtes défigurées je ne pensais pas voir encore le visage originel. Les miroirs de l'été disparus nous laissent nous étendre. Les bambous me laissent faufiler, chat romain à l'oreille coupée en signe de reconnaissance. La fée clochette mesure ses hanches au chas de la serrure. Les espions, ne pas déranger, à la porte attendent que la nuit finisse. Toi moi allongés à la fenêtre, toi pour le paysage, moi pour toi.
Etre ensemble c'est la première fois, hors cadre pour la première fois. J'entre dans ton champ, d'être vue je vacille. Je n'ai pas fait exprès, ni les pacotilles, ni l'encensoir. Je te bénis. Je te demande pardon.
J'y suis là dans cette mièvre merveille de nos premiers pas.
Il faut goûter les épines d'hiver, pommes de pin menaçantes centenaires échouées sur nos têtes. Et Newton fit un vœu, et j'oubliai de mon visage les aspérités, au halo balthusien.
La musique anxiogène de nos premiers pas.
J'irai où tu voudras. Ce n'est qu'un leurre, le guide c'est toi, je fais semblant d'avoir le secret. Le code. Le sens de l'orientation. Les statues du parc hument l'air du soir de leur face aplatie tournée vers quoi.
L'objet de ton objectif, la volupté clitoridienne de ton ordinateur.
De mes cheveux volants cette humide légèreté fixée gros grain sur ton buvard.
Dissèque encore mes gestes, cette poudre, que je les voie, que je les souffle lentement à ton visage.
Je réunis de toi les grains collés à mon herbier.
Piazza dei cinque lune.
Osteria Margutta.
Enoteca Antica.
Caffe della Pace.
Parcours fléché stratifié. La dernière couche au-dessus, j'ai cet espoir fulgurant qu'elle sera belle, plus belle que les autres, elle est neuve, je prie pour qu'elle ne ternisse pas elle aussi comme les autres, qu'on lui laisse longtemps son éclat, tu vois.
Largo 21 aprile.
Une bague de fiançailles sur la main abîmée d'une femme, entre nous sur la rampe du tramway.
Tu me perds dans la foule bridée condensée, moi je n'ai pas de manuel de survie.
D'abord tu as voulu boire, pour supporter que ce soit si beau. Moi, la mezzanine me donne le vertige, quand tu éteins la lumière, dans l'escalier je tâtonne pour ne pas t'éveiller. Je ne sais pas quel tour de passe-passe m'a fait initiatrice, je ne sais pas moi-même où comment me perdre, il faut d'abord découvrir, s'accoutumer à la forme, à la peau. Dans cette accoutumance à toi, que j'oublie mon dénuement. Que ta nudité efface la mienne.
Dis-moi encore les détours la passerelle grinçante et les mille huit cents mètres de la promenade. Muro Torto , Narcisse mirait élégamment son marbre décharné. Détacher la fibule, se dévêtir. Notre seul témoin me donne à méditer ma double vie, le vin italien migraineux me l'efface, je parle trop.
Place des cinq lunes, je sais déjà la fin, je crois la savoir, la palpitation traque notre illégitimité.
J'ai mis mes jambes autour de toi. J'ai chanté.
Oublié l'entêtement de mes rêves monumentaux, jamais plus à Rome que là.
Je retrouve nos dialogues consciencieusement notés pour s'en souvenir.
Je les dis à haute voix, comme un claquement de doigts. J'y suis là, dans le tempo spasmodique de nos premiers pas.
Tu m'as gardée au lit tu m'as donné la musique du piano pour moi seule. Mon écoute docile.
This mess we're in.
dans la pièce du bas, près de la fenêtre, tu es assis sur le bureau, moi face à toi, je chante je me rapproche
Night and day,
I dream of
Making love
To you my...
sur le lit d'appoint contre le mur, ton ventre crie famine, je cherche une cigarette
Elle avait des bagues à chaque doigt.
tu regardes le parc de notre fenêtre, il y a seize carrés
C'est là qu'on s'est connus,
Moi qui criais famine
Et toi qui posais nue.
allongés la nuit dans l'herbe du parc sans personne, tu chantes, il est tard, tu ris
And no more shall we part.
seule après, chez ma mère, l'attente, les épreuves
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil.
tout le temps
You're the only story that I've never controlled
You're my dirty little secret, wanna keep you so...
I can't believe life's so complex
Well I just wanna sit here and watch you undress.
le matin
If you close the door, the night could last forever.
le train entre en gare, je chante faux comme Nico
Quai n°21
Je ris dans le train, en oubliant la faute toute chaude – elle grelotte encore dans ma bouche au moment de m'en expliquer.
Il n'y a pas d'explication que la passerelle bringuebalante où traverser. Tourner le dos.
Une nuit près de mon œuvre : cet homme que je viens de tuer, c'est la pire nuit, la pire douleur, juste après que je me suis donné de toi le plus grand bonheur.
Une fragile passerelle où s'étendre.
Tu m'as demandé de raconter le voyage sentimental que nous avons fait à Rome, où j'étais si joyeuse. Mais pour moi reste l'amertume honteuse, ma dégradante joie. Ma jouissance oublieuse a laissé un cadavre. Et de cette joie-là jouir m'est indécent. Les hommages d'alors à tout toi rendu, avec mes mots d'aujourd'hui je ne les touche plus.
J'ai allongé ma faiblesse sur le velours usé d'une banquette italienne, histoire de sortir hors-refuge me transmuter m'effrayer. Faire tourner ma tête. Le vertige de la passerelle ; on craint toujours qu'elle craque. Ses grincements sous nos pieds comme une alarme. Ne pas se pencher au-dehors. Ne pas regarder en bas. Ne pas regarder. Rien ne revient sans ce voile aigu acide. Une chemise de nuit trop tard retrouvée au pied de ma porte, sale et froissée, comme une ultime dénonciation.
Un ange passe.
Récuser la nostalgie grippante et le mensonge. D'un claquement de doigts, être là.
Le nouvel ordre magique annulait, bonifiait le champ de mes possibles.
J'ai conçu de toi cette aptitude à vivre, les marches les pavés ne me désorientent plus. Il faudra dire un jour tout cela dans l'ordre.
Il faudra classer les vertiges, fissions, effusions d'une façon modeste et bonne pour que l'on comprenne bien. Je n'en suis pas capable maintenant. Je veux seulement le halo 21 ème , cette clarté qui nous inonde comme une bénédiction.
... au ventre amer
à l'âpre conquête
dos planisphère
geôle, mon homme toit.
croissant est
croissant beurre
... stroboscope, symétrie
cataracte ouverture nuit
aux épaules de froment
à la vitre ouverte
à la vitre fumée
musc havane coupé
à l'électricité inversée
La lune loutre louve t'a enchâssé.
... frelon déperdition
au visage kaléidoscope
au menton Bohème
au rictus safrané
à la bouche défendue
aux lèvres cachées
à la nuit noire
à la louve implacable.
... miroir au-dedans
aux soupirs amovibles
aux doigts de bûcheron
aux escargots, aux magiciens
aux mains arbres,
aux mains fêtes,
aux tentacules affûtés.
aux yeux d'automne pékinois
croissant ouest
septembre érable liberté.
... aux jambes rhizomes
aux chevilles guimbardes
aux silences d'épouvante
au froid d'ici-bas
au corps do sol majeur
aux os d'encens, à la montagne quiète
au cul rond, au cul tranchant,
cette lumière
Je cherche la formule pour une dilatation finale.
*****